Pourquoi est-il si difficile de parler chinois ?

Les langues tonales comme le mandarin nous semblent imprononçables. Rien d’étonnant car selon des chercheurs, notre climat serait un handicap…

Qu’est-ce qu’une langue tonale ?

Le cantonais, le mandarin, le thaï, le birman, le vietnamien, de nombreuses langues d’Afrique sub-saharienne, certaines langues amérindiennes… Toutes ces langues ont un point commun : ce sont des langues tonales ou dites « à tons ». La prononciation de leurs syllabes est soumise à un ton précis, c'est-à-dire à une hauteur déterminée ou à une mélodie caractéristique. Si ce ton n’est pas respecté, alors on prononce un autre mot qui indique un autre sens.

Par exemple, en mandarin, il existe 1239 syllabes ayant un ton propre. La syllabe « ma » peut avoir quatre significations selon la hauteur de ton que l’on choisit : mère, chanvre, cheval et pester. D’où l’importance d’avoir le bon ton !

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L’influence du climat sur les cordes vocales

Une équipe internationale de chercheurs de l’Université de Miami et de l’institut de recherche allemand Max Planck s’est interrogée sur l’influence du climat sur le développement des langues.

Ils ont étudié la répartition géographique de plus de 3700 langues et ont constaté que la majorité des langues tonales sont pratiquées dans des régions tropicales humides comme l’Asie du Sud-Est, l’Afrique subsaharienne, la Nouvelle Guinée et l’Amazonie et qu’elles sont quasiment absentes sous d’autres latitudes. Pour expliquer ce phénomène, ils avancent l’hypothèse suivante : le climat étant chaud et humide dans ces régions, il contribuerait à augmenter la souplesse et l’élasticité des cordes vocales. Cela permettrait donc d’articuler des sons plus complexes et de produire des tons justes. 

Conclusion : on arriverait peut-être à mieux parler mandarin enfermé dans un sauna !

Boiron