Le chant diphonique ou comment chanter seul à deux voix

Le chant diphonique est une technique qui permet à un chanteur de produire en même temps deux notes de fréquences différentes : une spécificité vocale pratiquée depuis très longtemps, dans de nombreuses régions du monde, dont le Tibet.

Une superposition de deux voix

L’interprète d’un chant diphonique émet simultanément un bourdon et des sons harmoniques. Le premier, dit « bourdon » ou « son fondamental », correspond à la voix normale. Il est maintenu avec la même fréquence, la même puissance, sur la même inspiration et permet à la mélodie de venir sur superposer. Il sert de base au second son : le son dit « harmonique » variant dans les aigus et produisant l’effet mélodique.

Cette production simultanée de deux voix nécessite un larynx puissant comme peut l’être celui d’un ventriloque et bien sûr, une parfaite maîtrise du souffle. Le chant diphonique fait appel à différentes techniques. L’une s’appuie sur la voix de gorge obtenue en contractant les muscles du cou. Ce son est bien plus grave que celui mettant en jeu seulement les cordes vocales.

L’autre repose sur une modulation de la cavité phonatoire. Grâce à la mobilité de la mâchoire, l’ouverture de la bouche, la position des lèvres et de la langue faisant pression sur le palais, le chanteur peut émettre des harmoniques venant se superposer sur le bourdon. La langue peut, par exemple, servir à diviser la cavité buccale en deux résonateurs de plus petit volume, donc de fréquence plus élevée.

Les chants traditionnels des moines tibétains

Les chants diphoniques les plus connus sont certainement ceux des moines tibétains, des monastères Gyütö et Gyüme. Mais on retrouve cette singularité vocale dans d’autres régions d’Asie : chez les Mongols, les Touvains (originaires de la Touva, en Sibérie orientale), les Bachkirs (un peuple turc originaire de Russie et d’Ouzbékistan), les Rajasthanais de l’Inde, mais également chez les Xhosas d’Afrique du Sud.

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